Mode entre 1910 et 1920 : les tendances vestimentaires et styles marquants

La Première Guerre mondiale interrompt brutalement l’essor des maisons de couture parisiennes, bouleversant les circuits traditionnels de création et d’approvisionnement. Les vêtements féminins perdent en volume, les corsets cèdent du terrain, tandis que la jupe-culotte fait débat jusque dans les salons les plus conservateurs.

Des créateurs emblématiques s’imposent malgré la crise, portés par des innovations textiles inespérées et une clientèle avide de nouveautés. L’influence américaine se fait sentir, redéfinissant certains codes vestimentaires et accélérant la mutation des silhouettes.

Une décennie de bouleversements : comment la mode s’est transformée entre 1910 et 1920

Entre 1910 et 1920, la mode prend un virage radical sous la pression des bouleversements sociaux et de la guerre. À Paris, les grands ateliers de couture doivent composer avec des jours d’incertitude et l’improvisation devient la règle. La soie et le velours se raréfient, forçant les créateurs à explorer de nouveaux matériaux et à repenser les coupes. Les robes abandonnent peu à peu le corset, la taille s’abaisse, la silhouette se fait droite, presque androgyne. Paul Poiret, figure de proue de cette révolution, propose des vêtements sans corset, ose les couleurs franches et les étoffes aériennes. En quelques années, la mode féminine balaie les carcans hérités du XIXe siècle.

Les jupes raccourcissent, les chevilles puis le bas des genoux s’exposent, provoquant autant d’enthousiasme que de polémiques. Les formes s’allègent, la mousseline s’impose là où les étoffes épaisses régnaient. Les robes de soirée empruntent de nouveaux volumes, puisent leur inspiration dans l’Orient ou les spectacles des ballets russes. Cette décennie marque aussi le triomphe du tailleur : la guerre pousse les femmes à investir l’espace public, à travailler, et la mode s’y adapte sans délai.

Gabrielle Chanel et Jeanne Lanvin s’imposent alors avec des créations d’une fausse sobriété, où chaque détail témoigne d’une maîtrise rare. Les tenues évoluent au rythme des mutations sociales : le costume masculin se détend, la mode parisienne gagne du terrain en province, soutenue par la presse illustrée et la photographie. L’histoire de la mode de ces années retrace une époque électrique, traversée de ruptures et d’expérimentations, où chaque vêtement porte la marque d’une génération bousculée.

Quels contextes sociaux et culturels ont influencé les styles vestimentaires ?

Le paysage social de la décennie façonne profondément les styles. La Première Guerre mondiale rebat les cartes : les hommes partent au front, les femmes s’engagent dans les usines, la cellule familiale évolue. Cette parenthèse brutale ouvre la voie à une revendication d’indépendance, amorçant la libération féminine et l’émancipation progressive. Porter une jupe plus courte, abandonner le corset : ces choix, loin d’être anecdotiques, expriment la volonté de s’affranchir des normes et de saisir une part de liberté nouvelle.

L’essor de l’art déco imprègne les robes et accessoires : lignes nettes, motifs géométriques, ornements stylisés. Paris reste la référence, mais la ville se nourrit d’influences venues d’ailleurs. Le jazz débarque avec les soldats américains, bouleverse les codes et insuffle un mouvement d’optimisme à la société de l’après-guerre. Les créateurs s’en inspirent : soie, dentelles raffinées, couleurs éclatantes symbolisent le désir de fête et de renouveau.

Les conventions s’effritent. La mode féminine s’adapte à une vie urbaine trépidante. Les femmes s’approprient la ville, la robe devient pratique, la silhouette respire. Quelques échos de la Belle Époque persistent, mais l’élan vers la modernité l’emporte, porté par une jeunesse qui refuse de retourner en arrière.

Créateurs emblématiques et innovations marquantes de l’époque

Paris demeure le théâtre d’une effervescence créative sans égal. Des personnalités visionnaires marquent la mode de leur empreinte. Paul Poiret bouleverse les usages : il bannit le corset, introduit la robe droite, privilégie des matières souples comme la mousseline et la soie. Les lignes s’adoucissent, la taille disparait, laissant place à une allure plus naturelle.

En coulisse, Gabrielle Chanel opère une transformation profonde du vestiaire féminin. Elle injecte l’esprit masculin dans ses créations : jersey, coupes nettes, robe noire épurée, perles en cascade. La coiffure garçonne et des accessoires comme le chapeau cloche ou le châle en soie deviennent des signes de reconnaissance pour celles qui revendiquent leur autonomie.

Jeanne Lanvin, de son côté, magnifie la robe du soir : velours, tulle, broderies délicates et tons pastel s’allient pour composer des tenues raffinées. Les détails abondent : franges, paillettes, perles s’invitent sur les robes des fêtes. Les chaussures Mary Jane s’imposent dans les rues parisiennes, tandis que la robe charleston et le style flapper préfigurent les tendances des années 1920.

Pour y voir plus clair, voici ce qui distingue chaque créateur phare de l’époque :

  • Poiret : audace dans les formes, abandon du corset
  • Chanel : modernité radicale, coupes épurées, accessoires signatures
  • Lanvin : raffinement, ornements subtils, palette de couleurs délicates

La décennie s’inscrit ainsi sous le signe de l’audace et d’une liberté retrouvée. Les créateurs parisiens posent les jalons d’un style qui influencera tout le XXe siècle.

Deux hommes au café parisien des années 1910 en costume

Des années 1910-1920 à aujourd’hui : quelles inspirations pour la mode contemporaine ?

L’héritage des tendances vestimentaires de 1910-1920 continue d’inspirer les créateurs d’aujourd’hui. Les robes fluides, la coupe droite, la taille basse : autant d’empreintes laissées par Paul Poiret ou Jeanne Lanvin, que l’on retrouve, revisitées, sur les podiums contemporains. La vague vintage s’invite dans les collections, chaque détail repensé, jamais figé dans la nostalgie. Les maisons parisiennes, de Yves Saint Laurent à Jean Paul Gaultier, réinterprètent le chapeau cloche, la jupe midi, ou misent sur la noblesse du velours et de la soie.

Le style garçonne séduit une nouvelle génération : cheveux courts, tailleurs soigneusement coupés, accessoires discrets. La mode féminine s’approprie ces codes de liberté, les adapte aux envies du moment. Les robes longues en dessous du genou, les ornements de perles ou de broderies se glissent dans les tendances actuelles. Le rétro dialogue avec l’innovation : un béret, un collier de perles ou une palette de couleurs pastel rappellent l’énergie créative du début du XXe siècle.

Pour mieux apprécier les points de convergence entre passé et présent, observez ce tableau comparatif :

Années 1910-1920 Mode contemporaine
Robe droite, taille basse Silhouette fluide, coupe épurée
Chapeau cloche Béret, accessoires rétro
Soie, mousseline, velours Mélanges de matières nobles

La mode parisienne trouve toujours son équilibre entre mémoire et avant-garde. Les créateurs puisent dans la richesse de l’histoire de la mode française, de Coco Chanel à Pierre Cardin, pour inventer une esthétique vivante, en mouvement perpétuel. L’héritage de la décennie 1910-1920 n’a rien perdu de sa force : il continue de nourrir la mode d’aujourd’hui, et trace des pistes nouvelles pour demain.

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